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L'AFFAIRE DU COLLIER DE LA REINE

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Portrait de Marie-Antoinette par François-Hubert Drouais


L'affaire du collier de la reine Marie-Antoinette fut très certainement l'une des affaires les plus rocambolesques du XVIII ème siècle et fut considérée comme la préface de la révolution.

Le 15 août 1785, éclata une terrible affaire, le cardinal de Rohan, grand aumônier de France, fut alors arrêté dans la galerie des Glaces du Château de Versailles. Il serait à l'origine d'une escroquerie ingénieusement organisée contre la reine, Marie-Antoinette, l'achat d'un bijou de haute-joaillerie créé par les joailliers de la Couronne, Bœhmer et Bassenge. Le cardinal de Rohan, fut entraîné par une certaine Jeanne de Valois dite aussi Madame de la Motte, qui lui raconta que la reine souhaitait le charger d'une affaire de la plus haute importance : l'achat d'un collier d'une valeur d'un million six cent mille livres aux joailliers de la Couronne. Cet achat aurait dû être secret et caché au roi Louis XVI.


En effet, le cardinal de Rohan souhaitait se rapprocher de la cour et ambitionnait une carrière ministérielle. Sa rencontre avec Madame de la Motte, qui prétendait alors être une cousine de la reine, l'entraîna dans un jeu dangereux autour duquel devait s'orchestrer l'achat d'une pièce exceptionnelle au nom de la reine de France. Un collier à l'origine commandé par le roi Louis XV pour la comtesse du Barry, dont la transaction fut suspendue suite au décès du souverain. Ce collier de 2840 carats, dont la nature des pierres le rendait imposant et très couteux, fut proposé à de nombreuses cours, sans succès.


C'est ainsi que le plan machiavélique envisagé par Madame de la Motte put commencer.


L'une des reconstitutions du collier de la reine, conservée au Château de Breteuil.


Lors de sa rencontre avec les joailliers, elle se fit passer pour une grande amie de la reine, Boehmer et Bassenge saisirent alors l'occasion de lui faire part de la vente du bijou. Connaissant la passion de la reine quant aux achats de prestige, ils ne purent s'empêcher de voir en Marie-Antoinette une parfaite cliente. C'est ainsi que Madame de la Motte construisit les plans de l'une des plus grandes escroqueries du XVIII ème siècle. Elle souhaitait ainsi faire acheter ce collier par le cardinal de Rohan, en lui faisant croire qu'il s'agissait d'une demande personnelle et toute particulière de la reine. Une fantastique occasion de se rapprocher du pouvoir dont il aspirait depuis plusieurs années. En prenant connaissance des fausses lettres que Madame de la Motte prit un malin plaisir à rédiger et signer au nom de la reine, il s'engageait alors à avancer l'argent aux joailliers de la Couronne afin de se procurer le collier, en toute discrétion bien évidemment. Certaine de son instigation machiavélique, Madame de la Motte engagera même une prostituée du Palais-Royal, dont la ressemblance avec la reine était frappante, afin d'organiser une fausse rencontre avec le cardinal dans le but de le convaincre. Ces nombreuses lettres entrainèrent ainsi l'homme à acquérir la fameuse pièce d'une valeur d'un million six cent mille livres auprès des joailliers, une occasion rêvée de gravir les échelons, à l'image de ses ambitions politiques. Madame de la Motte et son mari s'accaparèrent ainsi le bijou et le dépecèrent afin de vendre les différents diamants.

Ne percevant aucun règlement de Marie-Antoinette, le doute s'empara peu à peu du cardinal qui prit la décision de suspendre les paiements auprès des joailliers. Ce fut alors le début d'un terrible quiproquo dont le roi et la reine ne tardèrent pas à en subir les conséquences. En effet, les joailliers, inquiets de ne plus recevoir de règlement, s'empressèrent de contacter Mademoiselle Campan, alors confidente de la reine.


Marie-Antoinette prit ainsi connaissance de l'affaire !


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan, 1786, Versailles.


Le 22 mai 1786 marqua le début du procès du cardinal de Rohan et de Madame de la Motte.

Le cardinal de Rohan, alors jugé par des magistrats selon l'ordre de Louis XVI, fut acquitté, reconnu comme victime.

Madame de la Motte fut quant à elle condamnée à perpétuité et dut être marquée au fer rouge. Marie-Antoinette fut profondément bouleversée par cette affaire et fut alors discréditée aux yeux de la population qui la considéra comme la principale instigatrice de cette supercherie.


L'affaire du collier fut d'ailleurs considérée comme la préface de la révolution Française.


Portrait de Jeanne de Valois-Saint-Rémy, Madame de la Motte


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